Lexique
Analyse de Cycle de Vie (ACV):
L’ACV est une approche de modélisation visant à quantifier les impacts environnementaux (et parfois sociaux) des produits, services et/ou des décisions. Elle prend en compte toute la chaîne de production, depuis l’extraction des ressources primaires jusqu’au traitement des déchets. Elle est encadrée par une norme ISO, et développée par une large communauté scientifique interdisciplinaire, travaillant autant sur les échanges de flux économiques que sur les chaines de causalité entre émissions et impacts sur les écosystèmes et la santé humaine. L’ACV s’intéresse aux impacts associés à une fonction, représentée par l’unité fonctionnelle. Typiquement on modélisera, l’impact associé à « 1 km en voiture électrique » ou a « 1 km en voiture thermique », deux façons différentes de remplir la mème fonction « parcourir un km ».
C’est l’ACV, souvent simplifiée et amendée (!), qui est notamment derrière les scores d’impacts environnementaux que l’on peut voir sur certains produits.
ACV Attributionnelle et Conséquentielle
L’ACV regroupe en fait plusieurs types d’approches. La distinction la plus importante est celle entre ACV Attributionnelle (ACV-A) et ACV Conséquentielle (ACV-C). Ces deux approches se posent des questions différentes, associées à deux définitions disctinctes de ce qu’est un « impact ».
L’ACV-A cherche à déterminer la part du niveau d’impact global attribuable à un produit ou a un service. Elle met en place une approche « retrospective » regardant les activitiés économiques qui ont été nécéssaires pour fournir le produit/service considérée. Comme les mêmes activités économiques peuvent fournir plusieurs produits, et que plus généralement tous les flux économiques sont liés d’une façon ou d’une autre dans l’économie, il est impossible de définir objectivement une manière d’isoler les flux liés spécifiquement à mon produit final étudié. Une simple « photographie » de l’historique de production ne permet donc pas à elle-seule d’isoler l’impact de mon produit. Pour ce faire, l’ACV-A fait donc appel à des régles d’allocations pour répartir la responsabilité de l’impact parmi les multiples produits d’une activité.
Par exemple, une ferme laitière produit à la fois de la viande et du lait. Les vaches émettent du méthane, l’étable consomme de l’électricité. Quelles parts du méthane et de l’électricité, et de leurs impacts associés, doivent être attribuées à la viande et au lait ? On fait alors appel à des règles d’allocation. En somme, l’ACV-A propose une photographie à un moment donné des flux économiques et environnementaux associés à un produit, et utilise des règles pour attribuer la responsabilité au produit final.
L’ACV-C au contraire, en reconnaissant l’impossibilité d’objective d’attribuer une part objective des impacts à un produit, propose de ne penser aux impacts que de manière « dynamique ». Les impacts ne sont pas des attributs des produits eux-mêmes, mais le résultat des décisions mettant en branle le système productif.
Typiquement, lorsque vous achetez une bouteille de lait, les impacts de cette bouteille ne sont pas la conséquence de votre achat, puisqu’elle a déjà été produite. Par contre, vous envoyez un signal de demande ; le magasin re-commande la prochaine bouteille, génère la demande supplémentaire, et le marché investit dans le prolongement et l’extension de certaines capacités productives, menant aux émissions suivantes. Il s’agit alors non plus d’attribuer une part des impacts historiques à la bouteille de lait dans votre main, mais de modéliser comment le signal de demande lié à votre décision fait réagir le système productif. Un impact est donc un changement d’état, et on se concentre sur les conséquences des décisions.
Ces deux écoles correspondent donc à deux philosophies fondamentalement distinctes, et peuvent donc donner des résultats très différents, puisqu’elles ne posent pas la même question.
D’autres « sous-types » d’ACV existent aussi. Ces sous-types peuvent être utilisés au sein de l’une ou l’autre des deux grandes écoles.